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"La passe appuyée" est une nouvelle rubrique et donnera la parole à des intervenants extérieurs au club pour parler de foot et...de rien !

 

Pour débuter cette rubrique, il nous fallait un interlocuteur totalement extérieur au club afin d’en assurer un lancement crédible et des fondations certaines. Maxime Raynaud, journaliste au service des sports de Centre Presse nous a livré sa vision du football en Aveyron, après nous avoir décrit son métier et son évolution, tout en revenant sur la féminisation du football. Vaste programme, entre passion, parité et sincérité.

 

 

*Maxime, tu es le premier à ouvrir la rubrique « La passe appuyée » une petite présentation rapide de ton parcours, pour en arriver jusqu’au service des sports de CP, aujourd’hui ?

J’ai 30 ans et j’ai débuté à 17ans à Centre Presse par le « petit foot » en sollicitant les clubs pour avoir les résultats au téléphone les samedis et dimanches soirs. Je suis, ensuite, parti à Midi Libre, durant 3ans et demi, sous la responsabilité de Christian Desmazes où j’ai commencé à suivre le Rodez Aveyron Football lors de l’année de la montée en National. J’ai ensuite poursuivi à La Dépêche en collaboration avec Stéphane Hurel, en parallèle de ma formation en école de journalisme. Depuis 2010, je suis à Centre Presse à plein temps.

 

*Avec une spécialité ?

On a tous une préférence, une spécialité, pour ma part, le football. Néanmoins, dans une petite rédaction telle que Centre Presse, nous sommes obligés d’être généraliste. En plus du football, je suis le tennis, le hand et le rallye, notamment. 

 

*En quelques mots, peux-tu présenter le service des sports et son fonctionnement ?

Nous sommes 4 au service des sports sous l’égide de Rui Dos Santos, responsable. Aurélien Parayre, Mathieu Roualdès et moi-même composons le reste du service des sports, très jeune, 30ans pour le plus « vieux » ! Nous avons tous une spécialité mais comme évoqué précédemment, nous sommes obligés d’avoir une approche transversale. 

 

*Comment se porte la presse papier en Aveyron ? Son avenir ?

Sans surprise, les ventes baissent chaque année. Toutefois, dans un département rural tel que l’Aveyron, la « casse » est limitée. En effet, le lien avec la presse papier traditionnelle est maintenu, relativisant la baisse. Le volume de ventes reste ainsi assez important. Le développement du numérique a insufflé une nouvelle dynamique et l’apparition de nouveaux supports.

 

*Dans un département rural tel que l’Aveyron, attaché aux traditions, es-tu en mesure d’estimer l’impact que peut avoir le traitement de l’information sportive départementale sur les ventes, notamment lors des évènements départementaux sportifs renommés ?

Oui. Le traitement d’évènements tels que le Rallye du Rouergue ou le Tour de France en 2015 est perceptible au niveau des ventes. Toutefois, il est difficile de discerner les frontières : est-ce l’évènement qui dicte le volume de ventes ou l’intérêt des lecteurs pour un évènement qui va modifier et influer le traitement de l’information. C’est très difficile à quantifier et analyser.

 

*Question contextuelle, comment analyses-tu l’impact des réseaux sociaux sur ton quotidien professionnel ? Complément intéressant ou circuit de l’information dénaturé ?

Evidemment, l’impact est grandissant. Nous sommes connectés H24 pour glaner des informations. C’est un moyen de traitement de l’information différent. Mais cela reste un complément aux sources plus traditionnelles. La page Facebook est un outil complémentaire de l’écrit classique. Néanmoins, les réseaux sociaux peuvent être un outil permettant d’obtenir des informations loupées : dernièrement, concernant le passage du RAF devant la DNCG, c’est via le compte de foot-national.fr que nous avons eu l’info.

 

*On assiste ces dernières années à un développement d’un traitement de l’information sportive décalée, alternatif, plus technique (SoFoot, J+1, les Cahiers du Football, FauteTactique, Comptes Twitters influents,…) bien loin des médias traditionnels, de par ton jeune âge, te sens-tu influencer dans ta manière d’aborder ton travail ?

On est super adhérent à ce traitement alternatif et on a envie de proposer autre chose (ndlr : l’entretien a été réalisé le jour de la parution de l’interview de Julien Cazarre - voir édition de Centre Presse du lundi 28/12-, « sniper » célèbre de l’émission J+1, diffusée sur CanalPlus Sport). Dernièrement, sur la présentation de certains papiers, nous nous sommes dirigés vers un traitement de l’information plus décalé comme « la liste au Père Noel du RAF » ou les «10  bonnes raisons de ne pas louper le derby SC Decazeville-LSA ». C’est une nouvelle forme de présentation sans dénaturer le sérieux de l’information. En parallèle d’un changement initié par le net, c’est aussi une remise en question côté professionnel, bénéfique au lecteur.

 

*De manière générale, avec le recul sur plusieurs saisons, quelle est ta vision du football aveyronnais aujourd’hui ?

Le niveau global semble baisser en Aveyron, en comparaison à y a une dizaine d’années. Un constat qui s’étend au-delà de l’Aveyron. Par exemple, en excellence, le niveau semble plus homogène sans équipe survolant les débats.

De façon plus générale, la baisse des licenciés est stabilisée après l’impact de Knysna. Toutefois, les chiffres restent très tributaires des histoires médiatisées. On verra l’impact de l’affaire avec Benzema…

En Aveyron, le travail de formation est bon, en atteste le nombre de jeunes qui émerge au niveau pro. Le travail de formation des clubs est satisfaisant, appuyé par les orientations des instances.

 

*Il y a un peu plus de 4ans, en fin de saison 2010-2011, dans les colonnes de CentrePresse, le signal d’alarme avait été tiré concernant la lente descente aux enfers du football aveyronnais. Certains préconisant même la création de clubs par secteurs (Nord, Sud, Est et Ouest) afin de préserver des zones d’influences raisonnables pour des clubs aux ambitions sportives avérées tout en permettant la présence de petits clubs? Aujourd’hui, quel est ton avis ?

Cela n’a pas été suivi d’effets. C’était plus lié au contexte (baisse du nombre de licenciés), pour inverser le mouvement et remédier à l’exode rural donc un enjeu sociétal, qu’à un véritable problème sportif.

 

*Quelle est ta vision concernant les difficultés des clubs au niveau ligue voire les refus de certains clubs d’accéder à l’échelon régional ?

Pas mal de clubs sont réticents en raison des difficultés financières mais c’est regrettable en termes d’ambitions de refuser des accessions, surtout que, sportivement, je suis persuadé qu’il est largement possible de rivaliser. Si certaines places fortes du football aveyronnais, certains « nouveaux » clubs ont émergé. Malgré tout, j’ai plutôt des inquiétudes, surtout, par rapport à la baisse du nombre de bénévoles malgré un renouvellement perceptible des dirigeants. C’est inquiétant pour l’avenir et cela inquiète les instances aussi… Mais c’est lié plus à un changement de mentalité de manière générale, à un problème sociétal et au développement de l’individualisme…

 

*Le monde du foot se prépare à une révolution d’ampleur : l’Etat ayant demandé à la FFF de se mettre en conformité avec le découpage administratif des régions. Comment estimes-tu les conséquences au niveau de l’échelon régional voire départemental ?

Un gros flou persiste… Toutefois, cela ne suivra pas strictement le calendrier territorial et l’entrée en vigueur se fera de manière progressive. Lors d’une assemblée du district dernièrement, M. Charrançon, président de la Ligue Midi-Pyrénées de Football a précisé qu’il ne fallait pas être inquiet et que les changements seraient progressifs et adaptés.

 

*A des niveaux, certes, modestes, plusieurs clubs sur le Lévézou (ESCC, JSLévézou, Pareloup Céor, UHLévézou …) possèdent 3 équipes seniors, anomalie ou normalité ?

Rien d’anormal, mais il semble plus inquiétant que certains clubs, proches des zones plus urbanisées et peuplées, aient des difficultés à faire deux équipes seniors.

 

*Faisant écho, à la dernière question, le Lévézou a compté jusqu’à 5 équipes féminines dans un rayon d’une 20aine kilomètres (aujourd’hui plus que 3), quelle est ta vision du football féminin de manière générale?

Je pense qu’il y a quelques années, c’était un effet de mode pour certains clubs. Seuls les projets les plus structurés au niveau du département ont perduré. Aujourd’hui, cela se stabilise, mais le Mondial en France en 2017 va ré-enclencher le mouvement. En Aveyron, aujourd’hui, le football féminin semble avoir trouvé son rythme de croisière et ramène un vent de fraicheur, même si tout le monde n’y trouve pas son compte. En comparaison au rugby par exemple, le football féminin aveyronnais a quelques longueurs d’avance. C’est aussi lié au côté historique avec la présence de Lioujas depuis de nombreuses années, par exemple, dans le paysage sportif.

 

*Nous avons la chance de posséder une équipe féminine dans le club et nous assistons à une féminisation grandissante de notre école de foot ? De ta position, confirmes/infirmes tu ce mouvement, qui plus est avec la présence dans le département d’une équipe évoluant en D1 ? Concernant son traitement médiatique, avez-vous des consignes particulières ? Une approche différente ?

Aucune consigne, seulement la volonté de le valoriser. En comparaison à d’autres journaux locaux au niveau national, Centre Presse traite à sa juste valeur l’équipe du RAF. De plus, le contexte dans lequel elles évoluent, incite à la faire avec une progression constante et des résultats favorables.  

 

*Tout autre sujet, tu m’avais confié que c’était plutôt embêtant de faire un article sur l’ESCC, peux-tu nous en rappeler les raisons ?

(rires), c’est surtout lié au nom des habitants et vous, ça fait trop long si l’on doit le citer !!! On a déjà eu des coups de fil de lecteurs pour nous signaler qu’on avait oublié une partie du nom de votre club (ndlr : aucun des dirigeants n’étaient au courant !). C’est bien, c’est un signe qu’ils lisent le journal ! (rires).

 

Un mot sur notre club ?

C’est un club que lequel on a un œil attentif par rapport à son dynamisme et à l’image sympa renvoyée. Les parcours en coupes des filles et de l’équipe fanion y contribuent aussi, côté sportif.

 

 

*Si je te dis qu’il serait possible d’associer foot et culture, tu me réponds :

Oui complètement ! Plein de bouquins pourraient le confirmer notamment un récent sur le drame du Heysel (« Dans la foule », L. Mauvignier). Sans trop intellectualiser l’approche du football, le travail que fait SoFoot avec les différentes rencontres et interviews de réalisateurs/acteurs est remarquable (Walter Salles, François Berléand…) et va dans ce sens.

 

*Un dernier mot :

Il est toujours bon de rappeler qu’il est essentiel de distinguer communication et information. En effet, sous prétexte de proximité, cette distinction est parfois difficile, et le support papier aurait tendance à être dénaturé. Toutefois, c’est une problématique commune aux journaux et aux médias actuels. Une certaine éducation est à revoir ainsi que la conception de la presse. Néanmoins, en Aveyron, nous sommes relativement épargnés mais ce « fléau » aurait tendance à se développer.

 

 

Merci à Maxime pour sa disponibilité et sa participation à cette première.

L'ESCC.

#1 - La passe appuyée - Invité : Maxime Raynaud.
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